
Quand on évoque le concept de survivalisme, on a immédiatement ces visions post-apocalyptiques à la Mad Max (ceux avec Mel Gibson) ou encore cette caricature de la famille de survivalistes qui stockent 40 ans de boîtes de conserve dans leur bunker en attendant la fin du monde et l’arrivée des extraterrestres.
Il n’y a pas de lien entre ces concepts et la cryptomonnaie ?
Pas si sûr.. Laissez-moi vous exposer ce que j’ai en tête.
Au préalable, je tiens à préciser que les bases du survivalisme et de la collapsologie sont l’adaptation et la résilience. N’est ce pas le cas des crypto-monnaies qui doivent s’en cesse se réinventer et évoluer pour survivre ?
Ok, maintenant imaginez un effondrement de notre société mais sans rentrer dans les clichés aussi extrêmes que ceux évoqués en introduction.
Certes dans un monde sans électricité, frappé par les EMP ou après une explosion nucléaire, vos crypto-monnaies seront les dernières de vos priorités et il sera préférable d’avoir un abris, à boire et à manger (si vous n’êtes pas morts).

Mais ces terribles scénarii sont beaucoup moins probables que des effondrements économiques, des crises politiques ou des catastrophes sanitaires ou naturelles qui seraient plutôt localisés et/ou temporaires.

Et ce sont ces éventualités qui m’amènent à penser au rôle des crypto-monnaies.
Les crypto-monnaies sont une classe d’actifs (et éventuellement des futures valeurs refuges) que personne ne devrait ignorer même si l'on est pas concernée directement par le trading ou la technologie Blockchain.
En effet, qu’arriverait-il à notre épargne en cas de crise économique majeure? Avec l’épisode du COVID que nous sommes en train de vivre, les faiblesses de nos économies libérales ont été mises à jour.

Les gens devraient réaliser la nécessité d’avoir un portefeuille d’actifs et/ou patrimoine diversifié adapté à un grand nombre de situations.
Les banques « too big to fail » sont au bord de l’explosion (comment absorber les milliards de monnaie hélicoptère déversée par les banques centrales avec le Quantitative Easing?) et la crise de 2008 n’est rien comparée avec ce que nous réserve le grand « reset ».
Mais alors de quoi peut se composer un portefeuille diversifié et anti-crise ?
Je prends ici le parti de ne pas inclure l’immobilier dans cette répartition car bien qu’il soit évident que la pierre constitue un priorité (avoir un toit au-dessus de sa tête n’est-il dans les premières étapes de la pyramide de Maslow) , nous ne sommes pas tous en mesure d’investir dans l’immobilier.

Idem pour les stocks de nourriture. Si vous êtes prévoyant dans l’âme et avant même de penser à votre patrimoine, il me paraît évident que la priorité pour survivre est de se constituer des stocks de nourriture et un "PEBC" (un Plan Epargne Boîtes Conserves ») pour reprendre la formule de l’analyste économique Charles Sannat.
Pour le reste, même avec des faibles revenus il paraît possible de se constituer un petit pécule au fur et à mesure avec la stratégie du "dollar cost averaging".
Une fois ce prérequis accepté se pose la question de la composition du wallet ?
L’argent liquide (le cash), peut faire partie de ce portefeuille mais ne devrait pas dépasser une certaine proportion : entre 2 à 6 mois de dépenses d’avance me semble un bon compromis dans la mesure où si le système est perturbé , on peut se retrouver dans l’une des deux situations suivantes :
- Blocage temporaire de l’économie, catastrophe naturelle : accès aux ATM bloqué temporairement. Pour subvenir à ses besoins de première nécessité et honorer ses factures, le cash permettra de tenir le temps d’un retour progressif à la normale ;
- Si les événements devaient durer plus longtemps , les dégâts sur le système économique ou notre mode de vie seraient tels qu’avoir du cash ne seraient plus notre priorité
C’est là que l’on en arrive à l’intérêt de l’or :
Historiquement, l’or physique a toujours été une valeur refuge et un moyen de permettre à son patrimoine de traverser le temps.
Son petit frère, l’argent n’est pas non plus à négliger même s’il présente des caractéristiques spéculatives marquées :
- place de plus en plus présente dans l’industrie : composants électroniques, batteries…
- gros potentiel de croissance du fait d’un ratio or/argent décorrélé de leurs vraies valeurs.
Et les crypto-monnaies dans tout ça ?
Comme il a été précisé en début de cet article, être survivaliste ne signifie pas être armé jusqu’aux dents, vivre reclus et en marge de la société mais bien faire preuve de résilience. Et dans une société où les économies sont à bout de souffle, où les perturbations environnementales, sociales, politiques et sanitaires sont de plus en plus récurrentes, n’est ce pas le moment de faire preuve de résilience et de sens de l’adaptation ?
De part ses caractéristiques intrinsèques de monnaie décentralisée, sécurisée, hors de contrôle des Etats, fractionnable et immuable, le bitcoin et la technologie blockchain constituent une véritable alternative aux banques, un moyen supplémentaire de préserver notre patrimoine et un nouveau mode d’échange de valeur entre les individus.
Vous avez sûrement entendu parler du village de El Zonte, village du Salvador qui utilise le BTC au quotidien pour promouvoir l’éducation et pallier à l’absence de banque du fait de leur éloignement.
Vous allez me dire qu’en cas de coupure internet et/ ou électrique, nous ne pourrons avoir accès à nos wallets ? Certes mais la situation de rupture de la normalité ne devrait pas durer éternellement ou être généralisée (si c’était le cas il est évident que tout mon propos est inutile et que notre préoccupation devrait être de profiter à fond des derniers jours qu’il nous reste #carpediem).
Autre exemple de l'utilisation du bitcoin en tant que moyen de survie cette fois-ci, voir l'article de l’économiste Vénézuélien Carlos HERNÁNDEZ publié dimanche dans le New York Time et traduit par le site bitcoin.fr.
En cas de crise politique/économique grave dans votre région ou de catastrophe naturelle (tremblement de terre, cyclone…), il n’est pas sûr que vous puissiez transporter votre cash (inflation = valises de billets) ou votre or (ça fait lourd dans les valises et c’est plutôt risqué) et encore moins pouvoir accéder à votre banque…
Par contre quoi de plus simple que de passer une frontière avec un wallet papier ou hardware (même si mon Ledger n’est pas étanche il reste pratique), avec une phrase mnémonique de 12 mots ou une phrase codée mémorisée…
Cet article n’est en aucun cas du conseil en investissement. J’y partage ici simplement une réflexion personnelle en essayant d’aborder un angle d’approche différent de celui que l’on peut voir d’habitude : trading, technologie et mining.
N'attendez quand même pas l'apocalypse pour vous intéresser aux cryptos: être prévoyant n’empêche pas d’être curieux, précurseur et d’oser 😉
Be Cool, Be Crypto